L’assurance vie : selon l’évolution de vos besoins

L’assurance vie : selon l’évolution de vos besoins

L’assurance vie est un produit financier qu’une personne paie périodiquement (prime d’assurance) en échange d’une somme prédéterminée (capital assuré) versée à son décès. La prestation est non imposable, car la prime n’est pas déductible (sauf exceptions). Avant d’émettre la police, les assureurs exigent normalement des preuves de bonne santé ainsi que d’un « intérêt assurable » afin de justifier la pertinence de la protection.

L’évolution des besoins

Une jeune personne célibataire pourrait très bien se passer d’assurance vie ou en posséder une seulement pour payer ses frais funéraires ou rembourser, en cas de décès prématuré, le solde des emprunts qu’elle a contractés. Sur le plan strictement financier, son décès causerait peu de problèmes à son entourage.

Lorsque cette personne décide de vivre à deux et a de jeunes enfants, la situation peut changer. En effet, son décès peut créer des préjudices financiers importants aux personnes à sa charge. L’actif accumulé est souvent peu important en début de carrière, les dettes sont non négligeables et les dépenses liées aux enfants peuvent être énormes pour les conduire à leur propre autonomie. C’est probablement à ce moment que l’assurance vie devrait être à son maximum pour remplacer les revenus perdus à la suite du décès.

En milieu de carrière, les dettes sont en partie remboursées et les enfants sont plus autonomes. Si un des conjoints est resté à la maison pour prendre soin des enfants, c’est souvent à cette période qu’un retour sur le marché du travail est envisageable. Le couple peut également avoir accumulé des épargnes plus importantes. Un décès à ce moment peut encore une fois créer des problèmes financiers, mais le capital d’assurance vie nécessaire peut commencer à diminuer.

Finalement vient la période de la retraite. À ce moment, une bonne planification financière aura permis au couple de se départir des dettes importantes et d’avoir accumulé un actif suffisant pour devenir autonome. Les enfants ont généralement quitté le foyer et sont eux aussi autonomes financièrement. Dans le cas d’un décès, le conjoint survivant hérite souvent des biens de la personne décédée et peut devenir bénéficiaire de certaines prestations de retraite (ex. : rente de conjoint survivant de Retraite Québec ou rente réversible d’un régime complémentaire de retraite). Souvent, la baisse des revenus est compensée par la diminution des dépenses provoquée par le décès du conjoint. Le besoin de souscrire une assurance vie peut alors devenir inexistant.

Les différents types de produits

L’assurance temporaire

Elle permet de couvrir un besoin pendant une période fixe (5 ans, 10 ans ou 20 ans) et peut comprendre une clause de conversion en assurance permanente. Puisque la probabilité de décéder durant la période couverte par l’assurance est souvent négligeable, la prime est très abordable. À la fin de la période, on peut habituellement renouveler l’assurance pour une période identique en contrepartie d’une prime plus élevée (le risque de décès augmente). Cette protection convient très bien pour se prémunir contre un risque financier temporaire, par exemple l’incapacité de rembourser le solde d’un emprunt (la durée est égale à l’échéance de l’emprunt) ou la perte d’emploi d’un des conjoints (la durée correspond à la période avant la retraite). Plus on vieillit, plus le risque augmente de façon accélérée et plus la prime devient inabordable. C’est pourquoi l’assurance temporaire cesse habituellement à 80 ans. Le graphique ci-dessous illustre le risque (probabilité de décéder) en fonction de l’âge, du sexe et du statut de fumeur ou de non-fumeur.

Fumeur et non fumeur

Si aucun décès ne survient durant la période, aucune prestation n’aura été payable et les primes auront servi à financer les réclamations des personnes décédées. L’assurance temporaire sur 100 ans (âge de 100 ans) est une protection qui s’apparente davantage à un besoin permanent.

L’assurance permanente

Le caractère permanent de cette assurance signifie que l’assureur est certain de payer le capital assuré. Au lieu d’opter pour des protections temporaires successives avec des augmentations de primes régulières, on décide de payer une prime fixe nivelée. Cette dernière est plus élevée que la prime temporaire durant la première moitié de l’existence de cette assurance, mais moins par la suite. Elle augmente selon l’âge lors de l’émission de la police. L’excédent des premières années permet à l’assureur de se constituer une réserve pour l’insuffisance des primes des dernières années. La présence d’une telle réserve fait en sorte qu’une « valeur de rachat » peut être prévue par contrat dans l’éventualité où une personne décide de mettre fin à son contrat (ce qu’on ne trouve pas dans l’assurance temporaire 100 ans).

La rentabilité financière d’une assurance vie permanente est énorme si on décède rapidement, mais minime si on meurt à un âge avancé. L’assurance vie permanente convient lorsqu’un risque financier est permanent. En présence d’actifs immobiliers importants (non liquides), le décès peut donner lieu à d’énormes dépenses qui, sans une assurance vie, entraîneraient une vente précipitée (donc, une perte de valeur).

L’assurance vie universelle (VU)

Cette assurance est plus flexible, mais demande à l’assuré de partager certains risques comme celui du rendement. En terme général, la VU est composée d’un compte dans lequel l’assuré dépose des primes. L’assuré choisit des véhicules de placement. Le compte est crédité du rendement, et des prélèvements sont effectués pour payer les frais administratifs (par exemple, 10 $ par mois) ainsi que le coût de l’assurance. Ce dernier peut être croissant ou nivelé.

Le rendement attribué dans le compte est non imposable pour l’assuré, ce qui constitue en apparence un abri fiscal. Toutefois, le rendement accordé par ce type de contrat est généralement moins élevé que celui d’un produit identique hors police. Cet écart de rendement, qui varie selon la présence de clauses de bonis, s’explique notamment par le fait que l’assureur paie des impôts sur le rendement et donne la facture au titulaire du contrat. L’utilisation de ce produit dans une perspective de placement est peu efficace comparativement à de l’épargne non enregistrée et beaucoup moins rentable que le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou le régime enregistré d’épargne retraite (REER). Il importe de considérer avant tout la VU comme un produit d’assurance et non comme une stratégie d’investissement. Le consommateur doit interpréter avec prudence les illustrations des ventes produites. L’illustration qui inclut le rendement minimal garanti du contrat donne une image plus proche de la réalité.

Les autres assurances (payables du vivant de l’assuré)

  • L’assurance invalidité vise à remplacer une partie de la rémunération perdue à la suite d’une invalidité. Dans ce genre de contrat, il est suggéré de porter une attention particulière à la définition de l’invalidité (certaines sont très restrictives), au délai de carence (période d’attente avant la date de début des prestations) et à l’indexation des prestations (augmentation ou non des prestations en fonction de l’inflation).
  • L’assurance soins de santé couvre une partie des frais médicaux, des soins dentaires et des soins hospitaliers. Il faut vérifier la franchise (première partie des frais non remboursés) et le taux de coassurance (le pourcentage remboursé sur la partie excédant la franchise).
  • L’assurance maladies graves permet de dégager des sommes importantes dans certaines situations pour permettre à une personne de se faire soigner en clinique privée ou pour adapter son environnement à sa nouvelle condition physique. Ces situations concernent uniquement les maladies couvertes énumérées dans le contrat (cancer, etc.). Il faut bien prendre connaissance des exclusions.

Conclusion

Les types de produits offerts sur le marché permettent d’adapter la protection à notre besoin d’assurance. Ce dernier est habituellement le plus grand lorsque la probabilité de décéder est faible, permettant ainsi d’acquérir une protection élevée à peu de frais. En présence d’un besoin réellement temporaire, l’erreur fréquente est de limiter la protection en raison d’une prime élevée inhérente aux produits permanents alors qu’une prime moindre permettrait de souscrire pleinement le niveau adéquat de protection, pour une période temporaire.

La stratégie qui consiste à assurer les impôts sur les REER au décès est souvent inefficace d’un point de vue financier, particulièrement lorsque l’assuré doit faire des retraits prématurés du REER pour payer sa prime d’assurance vie.

Un conseiller en sécurité financière (autorisé à distribuer le produit) et un planificateur financier pourront être consultés pour obtenir de l’information supplémentaire. En matière d’assurance permanente, les conseillers en services financiers pourront expliquer les subtilités des contrats avec et sans participation. Ils sauront comment intégrer l’assurance individuelle dans les programmes d’assurance collective ainsi que les assurances crédits offertes par les établissements prêteurs.

Vous pouvez consulter le Guide sur l’assurance vie accessible sur le site de l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes (ACCAP) au www.clhia.ca Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., sous la rubrique « Publications ».

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